Avec « Source sûre », tout le monde peut devenir lanceur d’alerte

Lancée début 2015, la plateforme « Source Sûre » avait pour ambition de répondre aux risques encourus par les lanceurs d’alerte. Après deux années d’existence, elle reste peu connue, et même si les informations envoyées au site n’ont pas permis de révéler des scandales de l’ampleur des Panama Papers, elle a donnée accès a des informations utiles. Des révélations qui font systématiquement l’objet d’un traitement journalistique.

ARTICLE :

Depuis deux ans, Source sûre permet d’adresser anonymement des infos à certains médias. Le site reste cependant méconnu.

Début mars 2016, le quotidien L’Avenir a publié une série d’articles sur des dysfonctionnements à l’Office wallon des déchets (OWD) et au cabinet du ministre Carlo Di Antonio. Les lecteurs ont alors pu remarquer un encart mentionnant Source sûre, un site destiné aux lanceurs d’alerte.  » Ce dossier sur l’OWD illustre l’utilité de ce site, expose Yves Raisière, journaliste à L’Avenir : au vu du début de notre enquête, des fonctionnaires nous ont transmis de nouvelles informations avec la garantie de rester anonymes.  » Source sûre ? Cette plate-forme francophone est méconnue du public. Elle permet à quiconque d’adresser anonymement des informations à certains médias, à charge pour ceux-ci d’y donner éventuellement suite après investigation. En Belgique, la RTBF, L’Avenir, La Libre Belgique et Le Soir y sont impliqués. En France, c’est le cas du Monde, de France Télévision et de L’Obs ; et en Suisse, de la RTS.

Lancée début 2015, #Sourcesûre devait répondre aux risques encourus par les #lanceursdalerte.  » L’intention, précise Yves Eudes, grand reporter au Monde, n’était pas de révolutionner le journalisme mais de s’adapter à l’importance prise par le numérique.  » En informant les médias, les lanceurs d’alerte risquent d’être traqués, licenciés ou poursuivis en justice.  » Dans un monde où la capacité de #surveillance s’accroît, les #journalistes ont le devoir de fournir aux #sources un #canalsécurisé qui permette aussi de répondre au droit du public d’être mieux informé sur les sujets d’#intérêtpublic « , déclare Jean-Pierre Jacqmin, directeur de l’information à la RTBF. C’est en découvrant les apports d’un site semblable aux Pays-Bas que Patrick Remacle (RTBF) et Yves Eudes ont eu l’idée de l’adapter au monde francophone.

Du vécu parfois utile

Après presque deux ans, les médias concernés partagent les mêmes constats : Source sûre n’a pas apporté de grosses révélations comme les Panama Papers mais a donné accès à des informations utiles, par exemple sur des problèmes d’OGM, de malversations par des autorités locales ou des promoteurs immobiliers, d’arnaques à l’investissement, de harcèlement au travail… Ces informations ne sont jamais répercutées comme telles : elles font l’objet d’un traitement journalistique permettant notamment de vérifier leur crédibilité et ne donnent ensuite lieu à publication ou diffusion que si elles portent sur un sujet d’intérêt général. A L’Avenir, quotidien plus axé sur l’information de proximité, certaines alertes sont transférées aux rédactions locales qui, souvent, avaient déjà entendu parler des sujets abordés.

 

lire sur levif.be

publié le 13 avril 2017

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