Procès du Mediator: chronique d’un échec programmé

Un grand procès Mediator aurait dû se tenir en 2015 comme l’avait annoncé François Molins, procureur de Paris. Aujourd’hui les plus optimistes estiment que l’affaire Mediator ne sera pas jugée avant 2019 … comment la justice a t-elle pu rater cette affaire immanquable tant la responsabilité du laboratoire Servier est incontestable ? D’autant que même si le procès a lieu, rien ne garantit une issue satisfaisante pour les victimes.

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Partie sur des chapeaux de roues en 2011, l’instruction du dossier #Mediator s’est embourbée et l’affaire ne sera probablement pas jugée avant 2019. En ciblant la responsabilité du groupe #Servier et en évacuant celle de l’administration et des politiques, la justice a-t-elle fait le bon choix ? Ou s’est-elle condamnée à échouer?

Cibler la responsabilité des #laboratoiresServier, #coupables d’avoir dissimulé la vraie nature et les #dangers de leur produit défectueux, le #Mediator : cela semblait l’objectif évident de la procédure partie sur des chapeaux de roue en février 2011, à la suite de la #révélation du drame sanitaire qui a causé la mort de 500 à 1 500 personnes. La tromperie de Servier paraissait flagrante, la responsabilité du laboratoire incontestable. En janvier 2014, le procureur de Paris, François Molins, annonçait qu’un grand procès du Mediator pourrait se tenir pendant le premier semestre 2015.

Trois ans après, l’affaire est embourbée. Les connaisseurs du dossier les plus optimistes estiment que le Mediator ne sera pas jugé avant 2019. Et rien ne garantit que le procès, s’il finit par avoir lieu, aboutisse à une issue satisfaisante pour les victimes. Le fiasco est en vue.

Comment la justice, malgré les moyens considérables déployés, a-t-elle pu rater cette affaire immanquable ? Lors de son audience solennelle tenue le 23 janvier, le procureur de Paris, François Molins, déplorait que « sur six ans de vie de ce dossier d’information, qui a été ouvert en février 2011, moins de trois ans aient été consacrés aux investigations et les trois années suivantes aient été exclusivement consacrées à la procédure à la suite des multiples demandes et recours faits par la défense des mis en cause, sans d’ailleurs que ce soit encore terminé ».

 

lire sur mediapart.fr

publié le 13 mars 2017

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