Après le Tafta et le Ceta, Matthias Fekl doit s’expliquer sur le Tisa

EDAY – Lors d’une table ronde organisé par le JDD, le secrétaire d’Etat chargé du commerce extérieur, Mathias Fekl a été interpellé par une étudiante au sujet d’un traité méconnu, le Tisa (Trade in services agreement).

Invité inattendu de la conférence avec le secrétaire d’Etat chargé du Commerce extérieur : le #Tisa (Trade in services agreement). #MatthiasFekl venait de s’exprimer sur le #Tafta, « qui est un espèce de mythe car pour l’instant il n’y en a pas », et sur le #Ceta « qui est un bon accord ». C’est alors qu’une étudiante de l’Université Paris-Dauphine, Chloé Bennejean, a pris la parole pour faire part de ses craintes concernant le Tisa, « ce traité dont on entend si peu parler ».

Traité méconnu du grand public, le Tisa porte sur la #libéralisation des services. Son objectif : permettre aux opérateurs d’un pays d’aller s’implanter ailleurs, et ainsi réduire les barrières à la concurrence. Il est actuellement négocié par 50 Etats, dont la France, les pays de l’Union Européenne et les Etats-Unis. « C’est un sujet avec des enjeux énormes car nous sommes tous exportateurs de services », a concédé Matthias Fekl. Les services représentent en effet environ trois quarts de la richesse produite par les pays développés.

La transparence avant tout

Les pourparlers ont débuté il y a trois ans dans la plus grande #opacité, jusqu’à ce que #Wikileaks publie un premier document de travail en juillet 2014 puis plusieurs autres au cours de l’année 2015. Ces #révélations avaient entraîné la fronde d’une coalition de 650 syndicats, l’International des services publics. Pour tenter de les rassurer, la Commission européenne avait alors garanti que « les services publics ne seront pas ouverts » à la concurrence. Mathias Fekl assure quant à lui que « la France est extrêmement vigilante sur cette question, afin que les #servicespublics soient entièrement préservés ».

« Quelles garanties pouvez-vous nous donner pour que ce traité ne menace pas l’emploi chez les jeunes ? », s’inquiète l’étudiante, visiblement toujours pas rassurée. En guise de réponse, Matthias Fekl prône la transparence : « À minima, il faut dans un premier temps avoir accès aux documents de négociation. Or aujourd’hui nous sommes très loin du compte. » Mais le secrétaire d’Etat voit plus loin et en profite pour dévoiler son plan de bataille pour la suite : « Je souhaite désormais qu’avant de lancer des négociations on puisse débattre avec au moins trois économistes relevant de trois écoles de pensée différentes. » Le Tisa n’est donc pas encore adopté.

Par Margaux Dzuilka et Alice Bardo

 

jeudi 10 novembre 2016

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