Le CETA officiellement signé à Bruxelles, mais son avenir reste incertain

Officiellement signé dimanche 30 octobre, le traité de libre-échange entre l’UE et le Canada devra maintenant être ratifié par les 38 Parlements nationaux et régionaux des pays de l’Union.

Marquée par la malchance : la signature officielle du #CETA, le traité global de libre-échange entre l’Union européenne et le Canada, a dû être, une fois encore, retardée, dimanche 30 octobre, à la suite d’un incident technique survenu après le décollage de l’avion du premier ministre canadien, Justin Trudeau. Il a dû rebrousser chemin pour que la panne soit réparée. Et, à son arrivée au bâtiment du Conseil européen, l’euphorie n’était pas de mise : quelques centaines de manifestants avaient badigeonné de rouge la façade et le service d’ordre. Une dizaine de protestataires ont été appréhendés après avoir pénétré dans le sas de sécurité de l’immeuble.

C’est donc finalement sur le coup de 14 heures qu’a été entériné cet accord décrit comme « historique » par tous les participants, au cours d’une réunion baptisée « #sommet  », davantage en raison de sa portée symbolique que de son contenu. Les chefs d’Etat européens étaient absents – ils avaient signifié leur accord par une procédure écrite à la fin de la semaine – et représentés par le président du Conseil, Donald Tusk.

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L’opposition farouche de la #Wallonie et de son ministre-président, Paul Magnette, avaient entraîné un premier report de la réunion #euro-canadienne, initialement prévue le jeudi 27 octobre. Les institutions européennes voulaient faire oublier au plus vite cet échec. D’où l’organisation très inhabituelle, un dimanche midi, de cette séance de signature, que rien ne justifiait vraiment. Hormis la volonté d’occuper, de part et d’autre, le terrain médiatique.

 

 

« Il faut les convaincre »

Lors de la conférence de presse qui a suivi la signature, M. Trudeau, M. Tusk et le président de la Commission européenne, #Jean-ClaudeJuncker, ont souligné tous les bienfaits présumés du CETA et de l’accord de « partenariat stratégique » qui lui est associé : fin des barrières douanières, relance des investissements, création d’emplois « de meilleure qualité », défense des services publics et de la protection de l’environnement, etc. « Je suis vexé qu’on ait pu penser que nous voulions sacrifier les droits des travailleurs », ajoutait M. Juncker.

Interrogés sur les oppositions à ce traité et à d’autres qui pourraient suivre (toute mention du #TTIP – ou #Tafta  –, qui pourrait unir un jour Américains et Européens, a été évitée), les trois dirigeants ont adopté un ton modéré. « Le libre-échange et la mondialisation protègent, mais peu de gens le comprennent et le croient, déclarait M. Tusk. Il faut les convaincre. » « Ceux qui sont dans la rue doivent entendre et, si possible, écouter aussi. Nous n’avons rien cédé sur nos principales valeurs », renchérissait M. Juncker.

Invité à réagir aux vives réticences exprimées par la Wallonie, M. Trudeau a habilement botté en touche, ne répondant pas à l’affirmation selon laquelle le CETA pourrait être le « cheval de Troie » du TTIP. M. Tusk juge, quant à lui, que le débat engendré par M. Magnette a même été « profitable », forçant à délivrer des « informations crédibles » aux citoyens.

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« Nous n’avons jamais menacé »

M. Juncker, lui, s’est emporté. S’il s’est dit être « reconnaissant » à M. Magnette d’avoir remercié la Commission pour son rôle positif dans la #négociation, il a concentré le tir sur le Centre démocrate humaniste, associé au pouvoir en Wallonie. Le président de celui-ci, Benoît Lutgen, avait dénoncé les menaces exercées sur les francophones belges et le comportement « délinquant », selon lui, du collègue européen. « Nous n’avons jamais menacé », a affirmé M. Juncker, qui invitait la Belgique à « réfléchir à son mode de fonctionnement institutionnel pour ce qui est des relations internationales ».

Le texte du CETA devra désormais être #ratifié par le Parlement européen – sans doute au début de 2017 –, ce qui permettra une mise en œuvre provisoire et partielle. Ensuite, pas moins de 38 assemblées, nationales ou régionales, devront se prononcer. Des procédures qui pourraient prendre plusieurs années et semblent, désormais, pleines d’incertitudes …

 

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LE MONDE ECONOMIE |   | Par  Jean-Pierre Stroobants (Bruxelles, bureau européen)

 

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