Les Européens visent un compromis in extremis sur l’accord avec le Canada

Les diplomates en chef des Vingt-huit se sont réunis en urgence pour tenter de répondre aux exigences wallones. Theresa May a fait sa première entrée à Bruxelles face à un François Hollande promettant des négociations dures.

Il flottait à Bruxelles, jeudi 20 octobre soir, une brise d’espoir au sujet du  projet d’accord commercial avec le #Canada, bloqué par la #Wallonie. Le #CETA étant devenu la principale épine dans le pied des leaders européens réunis en sommet pour deux jours, il semblait essentiel à tous de trouver une solution.

Pour conjurer le scénario d’un échec, une rencontre s’est déroulée, avant l’ouverture du sommet, entre le président du Conseil européen, Donald Tusk, et le Premier ministre belge, Charles Michel. Celui-ci affirmait que le « moment de vérité est proche » car d’ultimes propositions venaient d’être envoyées au gouvernement wallon.

Réunion ad hoc sur le Ceta

Surtout, en toute fin de journée, on apprenait qu’une réunion allait se dérouler, en marge du Conseil, sur le sujet, réunissant les ambassadeurs auprès de l’UE de tous les Etats. Le fait qu’une telle réunion se déroule ne préjugeait pas de son issue, mais était perçu comme une condition nécessaire à un éventuel #accord. Au coeur des préoccupations de la Wallonie figurait le statut juridique de la fameuse « déclaration interprétative », texte additionnel au traité qui garantit le respect d’un certain nombre de principes (souveraineté, application des normes environnementales et sociales…). Une des pistes esquissées consistait à transformer le statut de cette déclaration pour l’inclure au texte et asseoir ainsi sa validité juridique.

Risque d’envoyer au monde un signal déplorable

Si cette épée de Damoclès était levée, ce serait un soulagement majeur pour les Européens. #DonaldTusk, le président du Conseil européen, connu pour ne pas cacher son pessimisme, avait donné le ton, à l’ouverture du sommet, prévenant que si l’Union européenne se montrait incapable de signer le CETA, cela signifierait que celui-ci « pourrait être notre dernier accord de libre-échange ».

De fait, l’angoisse de tous les responsables européens était que le sacrifice d’un accord dans son ultime ligne droite après cinq années d’intenses #négociations, envoie au monde entier un signal déplorable, démontrant que la Commission européenne n’aurait plus les moyens de son action en la matière. Et que l’Union ne serait plus, dès lors, un partenaire fiable, Ni même une entité capable d’agir collectivement.

Moscou et la Syrie

L’autre front sur lequel il semblait nécessaire de parler d’une voix commune concernait la Syrie et plus précisément le rôle que joue Moscou dans les bombardements d’Alep. « Il faut éviter qu’une fois de plus l’Europe apparaisse divisée», résumait un diplomate qui anticipait, au terme des débats, un consensus autour d’une plus grande fermeté. L’idée de sanctions ciblées était même évoquée.

Premier grand plongeon bruxellois pour Theresa May

Ce sommet était aussi, pour #TheresaMay, l’occasion de son premier grand plongeon bruxellois, trois mois après son arrivée à Downing Street. Elle a assuré, en entrant dans la salle du Conseil européen, que Londres assumerait « pleinement son rôle jusqu’au Brexit » puis resterait un « partenaire fiable après [son] départ ».

Brexit : Hollande promet une « négociation dure » à Theresa May.

Mais ses partenaires ne sont pas prêts à lui rendre les choses faciles. François Hollande a donné le ton en affirmant jeudi qu’elle devait s’attendre à une négociation âpre. « Je l’ai dit très fermement : Mme Theresa May veut un Brexit dur? La négociation sera dure », a lancé le président français. Aucun débat de fond n’était cependant prévu puisque les Européens attendent toujours la notification du gouvernement britannique que Theresa May a promis au plus tard pour la fin mars 2017.

lire sur lesechos.fr
Catherine Chatignoux et Gabriel Grésillon
publié le 20 octobre 2016

 

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