Monsanto voit ses bénéfices s’effondrer au moment du rachat par Bayer

Le spécialiste des semences OGM, passé cet été dans le giron de son rival allemand, a souffert de la crise agricole.

L’exercice 2015-2016, clos fin août, a décidément été noir pour #Monsanto. Non content de  passer dans le giron de #Bayer après avoir lui-même échoué à racheter #Syngenta, le spécialiste des #semences #OGM a dévoilé mercredi un bénéfice net 2015-2016 en recul de 43,3 %, à 1,34 milliard de dollars, pour un chiffre d’affaires de 13,5 milliards, lui-même en recul de 10 %.

L’environnement économique a été très défavorable à Monsanto au cours de cette période. Du fait de la force du dollar, notamment par rapport aux devises d’Amérique latine, les revenus engrangés à l’étranger ont fondu comme neige au soleil pour le géant américain, dont les comptes sont publiés en dollars. Par ailleurs la faiblesse des prix des #produitsagricoles pèse sur les revenus des agriculteurs, qui sont ses clients. Pour continuer à écouler leur marchandise, Monsanto et les autres groupes #agrochimiques ont donc dû consentir des baisses de prix.

Rebond des ventes de soja

Enfin, la polémique autour du #Roundup et de son composant le #glyphosate ont pesé sur ses ventes tandis que les délais importants d’approbation d’un nouvel herbicide – #dicamba, fourni par DuPont – a retardé le lancement de la semence résistante qui lui est associée.

Le quatrième trimestre de cet exercice (de juin à août) semble toutefois marquer un tournant. Grâce à une diminution des coûts de production et à une hausse de la demande pour ses variétés de #soja génétiquement modifiées, les ventes ont rebondi de 8,8 %. Monsanto a ainsi pu diviser par près de trois sa perte nette, à 191 millions de dollars, contre 495 millions un an plus tôt. En janvier, le groupe, qui est en plein effort de réduction de ses coûts, avait annoncé la suppression d’environ 3.600 emplois, soit 16 % de ses effectifs, d’ici à la fin de l’exercice 2018.

En attendant la finalisation de son mariage à 66 milliards de dollars avec Bayer d’ici à fin 2017, Monsanto s’est voulu optimiste pour l’exercice fiscal 2016-2017, dont il attend un bénéfice en hausse. Son rapprochement avec Bayer, auquel s’opposent les #ONGenvironnementalistes et une partie des #agriculteurs, fait cependant l’objet d’un examen serré des régulateurs sur les deux rives de l’Atlantique. Pour éviter l’abus de position dominante dans une industrie très consolidée, des cessions d’actifs semblent inéluctables.

 

Par CATHERINE DUCRUET / le 06 octobre 2016

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