Défendre les droits des personnes vulnérables peut vous faire condamner

Le 17 octobre 2016, Céline Boussié est convoquée au Tribunal de Toulouse après sa mise en examen en septembre 2015, en sa qualité de présidente de l’association #Handi’Gnez-vous !
Mais qu’a-t-elle donc fait pour se retrouver devant le juge ??
Elle a dénoncé des graves dysfonctionnements dans l’IME de #Moussaron où elle travaillait jusqu’en 2013 à Europe 1 et LCI (https://www.youtube.com/watch?t=3&v=gKLOs7EAYCQ).
Céline vous dira qu’elle n’a fait que son devoir de professionnelle (en vertu des lois du 2-2002, 4 mars 2002 et 5 mars 2007) et d’être humain. Elle a fait son devoir de citoyenne en dénonçant des actes de non bientraitance envers des enfants #vulnérables et fragilisées par leur #handicap.
Moi, je vous dirais qu’elle a fait preuve de courage ! Car nombreux sont ceux qui se taisent et ferment les yeux !
Oui, il faut un sacré courage quand on devient #lanceurdalerte, dans quelque domaine que ce soit !
Et pour avoir voulu défendre les droits et la dignité de ces #enfants sans défense, elle a perdu son travail ; a subit insultes, intimidations, harcèlement, menaces, tracasseries administratives… et j’en passe. Elle court le risque de se faire condamner, comme l’ont été deux générations de #lanceursdalerte avant elle !!! Quelle injustice !!!
Aujourd’hui, je vous demande à TOUS de la soutenir en venant à Toulouse le 17 octobre pour ceux qui le peuvent.
Pour ceux qui sont dans l’impossibilité de se déplacer, vous pouvez laisser un petit mot de soutien à Céline ET aux parents qui seront présents, sur la page de l’évènement.
JE VOUS EN REMERCIE PAR AVANCE.
https://www.facebook.com/events/1744798072453409/
Je remercie aussi la graphiste de l’association Handi’Gnez-vous pour son image TRES parlante.
Petite rétrospective de l’affaire Moussaron :
1995 : Premier signalement des dysfonctionnements : condamnation d’un éducateur pour diffamation.
1999 : deuxième signalement : condamnations de deux éducatrices pour diffamation.
2013 : Troisième signalement ; tous disent la même chose sans se connaître.
Novembre 2013 : le rapport accablant de l’Agence Régionale de Santé (ARS) est rendu public. Datant de Juillet 2013, parmi les 400 pages, on note page 7 « une situation de maltraitance institutionnelle faisant état de « graves dysfonctionnements dans les conditions d’installation (locaux et équipements du bâtiment ancien et du château) et de fonctionnement (surveillance de nuit, contentions, organisation des soins infirmiers et circuit du médicament) », dysfonctionnements « susceptibles d’affecter la santé, la sécurité, le bien-être physique et moral, le respect de la dignité et de l’intimité des jeunes accueillis » .
Novembre 2013 : Marie Arlette Carlotti alors ministre, déclare au micro une « mise sous administration provisoire pour une équipe de Direction renouvelée ».
Dans les faits ce ne sera pas le cas.
Décembre 2013 : l’administrateur provisoire prend ses fonctions pour 6 mois qui seront renouvelés par la suite.
19 Janvier 2014 : Diffusion du documentaire de Zone Interdite m6 « Ces centres qui maltraitent les enfants handicapés ». L’IME a été filmé en caméra cachée.
http://www.movinstream.com/…/zone-interdite-la-maltraitanc…/
28 Mars 2014 : La ministre Marie Arlette Carlotti dépose plainte pour abus de bien social et abus de confiance dans la gestion de la société « Les Enfants de Moussaron ».
16 Mars 2015 : classement de 9 plaintes sur 10 concernant l’IME de Moussaron. Le titre de l’Article Pierre Aurignac : «La justice a été instrumentalisée».
Juin 2015 : Les membres du comité des droits de l’enfant, dans le 5eme rapport périodique , mettent en lumière dans le point 6 qu’en France, Pays des droits de l’Homme, perdurent encore aujourd’hui des « traitements indignes et dégradants » infligés à des enfants en situation de handicap dans les établissements spécialisés » .
Septembre 2015 : Handi-Gnez-vous mise en examen pour diffamation pour des propos tenus avant le classement sans suite.
Janvier 2016 : lors de l’audition de la France (les 13 et 14 Janvier), le rapporteur Jorge Cardona va beaucoup plus loin en interpellant de nouveau la France : « Le DDD (Défenseur des droits) continue de dénoncer ces traitements et surtout l’impunité face à ce type d’agissements. Quels sont les mécanismes existant pour veiller à l’application de la circulaire ? Qui mène à bien les inspections ? Avec quelle fréquence, comment ? Quels sont les systèmes de recours, les mécanismes prévus pour éviter l’impunité comme celle qui a eu lieu dans le cadre de l’institut Moussaron ? » http://dupuiselise.canalblog.com/archives/…/18/33227024.html
Févier 2016 : L’ONU par ses recommandations du 4 février 2016 point 40 et 41 amène une avancée majeure dans le cadre de la protection des enfants en situation de handicap,.

Sylvie Bataille

Publié le 27 septembre 2016

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