Athlétisme : la « lanceuse d’alerte » russe Ioulia Stepanova ira-t-elle à Rio ?

Il n’y aura probablement qu’une athlète russe aux Jeux olympiques (JO) de Rio de Janeiro (Brésil), du 5 au 21 août. Ou peut-être deux. A moins que le Comité international olympique (CIO) n’en décide autrement.

Difficile d’y voir clair alors que le Tribunal arbitral du sport (#TAS) a rejeté, le 21 juillet, l’appel des 68 athlètes russes qui contestaient leur suspension par la Fédération internationale d’athlétisme (#IAAF). Ce énième arbitrage obscurcit toutefois encore un peu plus l’horizon olympique de ces athlètes, en attendant la décision du CIO dimanche 24 juillet.

Une chose semble acquise : Darya Klishina ira bien au Brésil. Cette spécialiste du saut en longueur a appris, le 10 juillet, qu’elle était la seule repêchée par l’IAAF. Sa chance ? Etre basée en Floride, aux Etats-Unis, et avoir donc subi des contrôles antidopage jugés crédibles.

Elle aussi exilée aux Etats-Unis – mais plus par contrainte que par choix –, Ioulia Stepanova, la lanceuse d’alerte à l’origine des révélations sur le #dopage en #Russie, l’accompagnera-t-elle à #Rio ? Rien n’est moins sûr. Le 1er juillet, la fédération internationale l’a certes autorisée à concourir en tant qu’#athlète neutre indépendante ; elle a ainsi pu participer aux championnats d’Europe début juillet, à Amsterdam (Pays-Bas).

Mais cette option a été exclue pour les #JO par le président du #CIO, Thomas Bach, arguant que le Comité national olympique de la Russie n’était pas suspendu – seulement sa Fédération nationale. Le sort de Ioulia Stepanova reste donc lié à la décision finale du CIO, dimanche.

Exil forcé

Sa non-participation à la grand-messe olympique serait une énième désillusion pour la spécialiste du 800 m depuis la tempête qu’elle et son mari Vitali, ancien contrôleur de l’agence russe antidopage, ont déclenché dans leur pays. La vie du couple a basculé sitôt leurs témoignages diffusés.

Faisant l’objet de menaces depuis leurs révélations, ils ont été contraints de quitter la Russie et de déménager plusieurs fois en un an. D’abord en Allemagne, puis aux Etats-Unis, où ils vivent aujourd’hui reclus avec leur jeune fils, Robert, comme ils l’expliquaient au Monde en mai : « Nous préférons ne pas divulguer notre situation géographique. On ne se prend pas trop la tête non plus, mais on reste prudents. »

Vitali Stepanov confiait à cette occasion que Ioulia n’avait pas trouvé de partenaires d’entraînement aux Etats-Unis, ni d’entraîneur acceptant de la prendre en charge. Depuis plusieurs mois, elle établit donc ses propres plans d’entraînement et Vitali, en entraîneur improvisé, se charge de les lui faireappliquer.

« Les installations sont bonnes, mais les gens, de manière générale, restent à bonne distance de nous, racontait au Monde l’ancien contrôleur de l’agence russe antidopage. Nous avons approché des entraîneurs et ils n’étaient pas intéressés, mais nous comprenons les refus. [Ioulia] ne peut pas changer son passé. »

Début juin, dans un courrier adressé aux présidents du CIO, de l’IAAF et de l’Agence mondiale antidopage (AMA), Vitali Stepanov plaidait pour que sa femme puisse concourir à Rio, décrivant le climat d’hostilité à leur égard :

« L’animosité des journalistes, des athlètes, des entraîneurs et des responsables du sport dans notre pays reste insupportable (…). Les réseaux sociaux russes débordent de colère et de haine à notre encontre, pas seulement de la part du grand public mais aussi de beaucoup d’athlètes de haut niveau. Nous avons trahi un vieux système de dopage en Russie. Bien que nous soyons Russes, nous savons que Ioulia ne sera plus jamais autorisée à courir pour la Russie. »

 

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