La propagande pour l’accord UE-Canada du gouvernement français

D’un côté, le gouvernement dit ne plus soutenir le traité de libre-échange UE-États-Unis (TTIP/Tafta). De l’autre, il fait pression sur sa majorité pour qu’elle adopte un accord similaire avec le Canada (CETA).

Après la loi travail, l’état d’urgence, le débat sur la déchéance de nationalité, le gouvernement cherche à éviter d’ouvrir un nouveau front au sein d’une majorité déjà fort mal en point. Aussi tente-t-il d’éteindre le feu sur le dossier du #CETA, l’accord commercial récemment conclu entre l’Union européenne (#UE) et le #Canada. Le ministre au Commerce extérieur, Matthias Fekl, tient à tout prix à marquer la distinction entre le Ceta et le traité transatlantique entre l’UE et les États-Unis (#TAFTA), qui s’attire les foudres des organisations non gouvernementales, du Front de gauche, des Verts et d’une partie des socialistes. Pourtant, du Ceta au #Tafta, il n’y a qu’un pas. Dans les deux accords, on retrouve des éléments communs : arbitrage entre les États et les investisseurs, normes revues à la baisse, etc. Cela montre le double langage du gouvernement, favorable aux nombreux traités de libre-échange noués par l’UE avec diverses parties du monde. Aujourd’hui le Ceta, hier avec les pays latino-américains, africains ou encore la Corée. Le gouvernement, s’il a acté par la voix de Manuel Valls au lendemain du #Brexit que le Tafta ne serait vraisemblablement pas adopté, cherche à sauver ce qui peut l’être : l’accord avec le Canada.

Un modèle fondé sur des traités de libre-échange

Aussi s’est-il lancé dans une opération séduction envers les députés socialistes pour les convaincre d’adopter le Ceta, qui devra être voté par l’Assemblée nationale. La Fondation Nicolas-Hulot pour la nature et l’homme a récemment rendu publics une lettre et un argumentaire que leur ont adressé les services de Matthias Fekl, le ministre du Commerce extérieur. Le Ceta n’est pas « un cheval de Troie du Tafta », explique le courrier, qui précise que les normes sociales et environnementales ne seraient pas remises en cause. La missive met en avant l’ouverture du marché canadien aux entreprises françaises exportatrices. Enfin, les services du ministre font valoir que la France tient une position ferme concernant le traité transatlantique, en faisant sienne les « lignes rouges » de négociation, fixées par une résolution de la commission des Affaires européennes de l’Assemblée nationale. On sait d’ores et déjà que certaines seront bafouées par le TTIP. Sur le fond, c’est le modèle fondé sur des traités de libre-échange contractés par l’UE que défend Paris. « L’UE doit être reconnue comme un partenaire fiable pour faire entendre sa voix », menace le gouvernement dans son argumentaire. Une fois que la Commission a négocié quelque chose, les Parlements doivent marcher au pas.

GAËL DE SANTIS JEUDI, 21 JUILLET, 2016 L’HUMANITÉ
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